Le sLeAbLog

jeudi 31 août 2006

Brève de bureau

 

A l'instant mon collègue balance son gobelet mais manque la corbeille. Alors qu'il se tortille sous le bureau pour le ramasser, il lâche :
"Pfff ! Pas étonnant que l'équipe de France [NDLR:de basket] ait perdu..."

mercredi 30 août 2006

VDN Episode III : Fès

 

18 juillet : Après la douceur de l'air de la ville côtière de Rabat, direction la fournaise de la ville impériale de Fès.
Les taxis ne connaissent pas l'hôtel où nous avons prévu de séjourner. Qu'importe, d'après le plan, il y a une place toute proche qu'ils connaissent. 10 minutes plus tard, nous y sommes. Le plan du guide se révèle être dans la catégorie "pas terrible", d'autant que les indications en français manquent cruellement dans les rues de Fes. Après avoir évité toutes les habituelles "bonnes" volontés prêtes à nous aider à retrouver notre chemin, contre rétribution celà va de soit (Je me demande si le mot gratuit existe au Maroc), Nady se résout à demander à 2 jeunes filles.
Une fois qu'elles ont compris où nous allons, elles décident de nous accompagner. En chemin, nous discutons avec elles. Sans être éloigné, ce n'est pas exactement la porte à côté. Du coup, lorsque nous sommes arrivés, Nady essaie de les remercier en leur donnant une pièce. Elles refusent vigoureusement, semblant presque vexées. Elles préfèrent obtenir un email pour pouvoir nous contacter plus tard. Sympa et peu habituel. Ces jeunes filles ne sont certainement pas d'une famille dans le besoin, loin de la famille marocaine type : Seuls 5 % des foyers marocains (31 millions d'habitants) sont considérés de "classe moyenne".

Depuis la terrasse

Depuis la terrasse : Vue sur les jardins du Palais Royal

L'hôtel est très bien, avec une salle d'eau, mais le guide est à nouveau faux concernant les tarifs... De notre chambre terrasse, nous dominons le parc royal et aperçevons les toits de la médina. Celle çi est très étendue par rapport à Marrakech ou Rabat. Fès est une très vieille ville dont la médina a été édifiée entre le VIIème et XIIéme siècle.

Un mulet

Pas d'engin à moteur dans la médina : Ânes et mulets les remplacent

C'est un véritable dédale constitué de venèles étroites et tortueuses. Ne pas se perdre est un challenge, se rendre à un endroit particulier constitue un exploit rare. Le plan du guide est très moyen et ne reprend pas les rares indications en français que l'on peut trouver dans les souks. Véritable paradis pour les rabatteurs et les guides improvisés... Le fait que Nady parle un peu d'arabe nous sauve un peu, surtout quand ils découvrent des origines locales dans les traits de son visage. Elle a d'ailleurs fait parfaite illusion au moment de m'acheter un chech. Je riais intérieurement quand je l'ai vu lui murmurer le prix à l'oreille comme ils le font entre eux pour que les touristes n'entendent pas le cours des prix officiels...

Un restau de Fès

Un restau très visité d'un coin fréquenté de la médina

Quand on évoque Fès, on a souvent en tête les tanneurs et leurs bains de teinture de toutes les couleurs. J'espère bien pouvoir faire la photo moi même et nous tournons en rond tout l'après midi à travers les souks à nous faire apostropher pour visiter la moindre échoppe. Heureusement, les commerçants sont beaucoup moins insistants dans cette ville.
Le soleil finit par se faire bas sur l'horizon et, comme à notre arrivée à Marrakech, une petite pluie orageuse vient raffraîchir un brin l'atmosphère.

Soleil sous l'orage

Luminosité étrange sous les nuages d'orage

Nousnous asseyons sur une vaste place en gradin près de la casbah. Petit à petit, elle se remplitde familles et d'enfants, certains savant tout juste marcher. Quelques batteleurs assurent l'animation. Ici une tombola, là une étrange variante de la pêche à la ligne où il faut attraper une bouteille de soda, pas évident...
Un "dresseur" présente un pauvre petit magot (macaque de barbarie), les mains enchaînées dans le dos. Les animaux au Maroc semblent n'avoir droit qu'à peu de considération. Le môme qui participe au jeu avec le singe lui décoche une claque à lui dévisser la tête, sous les éclats de rire des badauts ! Les cris et le "sourire" du singe ne sont pourtant pas de la joie. S'il montre les dents, c'est bien dans l'espoir de pouvoir croquer la main du gamin...

La place est maintenant noire de monde et nous sommes les seuls européens présents. Des tout petits jouent au foot en tong et se débrouillent pas mal. Quand la nuit et la température sont retombées, chacun s'en retourne chez soi. Pour nous il s'agit de trouver un resto sympa où on ne se fera pas pigeonner... Dans la médina, ils ne sont pas exceptionnels et les prix sont franchement gonflés.

Fouille dans la rivière

Dans la rivière qui coupe la médina en deux, ces gens semblent récupérer ce qu'ils y trouvent.

Le lendemain, nous entreprenons de dénicher le quartier des tanneurs. Nous marchons pendant 6 ou 7 heures, en vain. Enfin pas tout à fait, car ce faisant, nous sillonons les pentes de la médina, les souks sans fin, les rues grouillantes de monde, d'ânes et de charettes, ce qui constitue une bonne visite.
Il me faudra la journée (plus celle de la veille) pour saisir le sens des panneaux indicateurs qui symbolisent différents itinéraires à thème à travers la cité impériale. En fin d'après midi : Tilt ! Je comprends comment fonctionnent les fameux panneaux. Leur forme n'est pas bizarre : celà représente une rose des vents et si l'on est attentif, la branche désignant la direction à suivre comporte un symbole triangulaire... Nous suivont donc ces indications, le parcours est labyrinthique. Nous nous retrouvons dans des ruelles quasi-désertes. On nous "invite" dans une boutique terrasse qui surplombe les bains des tanneurs. Hé ben ! 2 jours pour arriver, là, ça se mérite...

Les tanneurs

Les bains de teintures des tanneurs.

La boutique regorge de vestes, de poufs, de sacs, de tout ce qu'on peut concevoir en cuir. Et pendant que je mitraille avec l'appareil photo, le patron nous débite les explications sur le fonctionnement des tanneries pendant 5 bonnes minutes. Si son discours est instructif, nous savons que sa longueur est proportionnelle au temps qu'il va falloir passer à expliquer que non, il n'y a pas d'objet que nous souhaitons acheter (surtout au tarif proposé). Les discussions sont effectivements très longues avant de pouvoir enfin s'en aller, mais j'ai pu faire une série de photos qui devraient permettre de faire un sympathique panorama.

Séchage des peaux

Le séchage des peaux après la teinture.

Nous passons notre dernière soirée à Fès sur la même place que la veille, toujours les seuls touristes dans la foule locale. Avant d'aller se coucher, Nady achète comme hier son épi de maïs grillé dont elle parle depuis des mois...
Demain, une longue étape de train nous attend : Direction Saïdia via Oujda, tout au Nord-Est, à la frontière algérienne. Destination orientée plage et farniente.

Panoramique depuis la terrasse

Panoramique au dessus du quartier des tanneurs.

mardi 22 août 2006

VDN Episode II : Rabat

 

17 juillet : Finalement, pas de tajine chez Toubkal à cause du serveur pas doué (toujours pareil, après 3 ans). Ca ne nous empêche pas d'y prendre le petit dej' ce matin, avant d'embarquer dans le train por Rabat. Café pour Nady, chocolat au lait pour moi, crèpes marocaines au miel, croissants et jus d'orange tout frais : Délicieux.

500 km en train un peu bruyant, mais (un peu) climatisé, le tout à 20 € pour nous deux, la SNCF peut s'aligner ! Toutefois, il ne faut pas trop être regardant sur l'horaire... Nous en ferons l'expérience sur d'autres trajets.

La casbah des Oudaïas

Le mur Sud de la casbah des Oudaïas. On aperçoit un peu à gauche, dans le lointain, la tour Hassan II que nous irons voir au retour.

Arrivés à Rabat, nous nous rendons à pied dans la médina toute proche. L'hôtel où nous souhaitions dormir, au nom plutôt prédestiné[1], affiche malheureusement complet. Un Rab'si nous tombe dessus alors que nous cherchons une chambre correcte. Echaudés par les rabatteurs de Marrakech, nous ne l'écoutons pas et lui répondons à peine. Après avoir épuisé le plan B et le C, Nady téléphone à un autre hôtel que le guide conseille. Comme il est de l'autre côté de la médina, pas question d'y trimballer nos bagages s'il n'a pas de chambre libre.
Pas de chance, l'interlocuteur ne semble pas très bien nous comprendre. Nous trouvons finalement une petite chambre aux murs aveugles, ça suffira pour la nuit.

Dans la casbah

De jeunes bodyboarders dans la casbah

Nous partons à la visite de la médina. La balade en direction de la casbah des Oudaïas nous réserve une rencontre extraordinaire : L'alter ego marocain de Braïsse de Naïsse, Rachaïd de Rabat. Second à la rencontre internationale de surf de Barcelone (sic), Rachid nous débite des généralités fait découvrir le gigantesque cimetière qui sépare la vieille ville de la côte et des plages. L'endroit surprend : par sa taille, le nombre de tombes impressionnant, le peu d'entretien qui laisse la végétation engloutir les sépultures, mais surtout par le fait que l'endroit est TRES fréquenté. Je devrais plutôt dire que beaucoup de gens le traverse, comme s'il s'agissait d'un parc banal. On croise donc des familles entières, armées de sacs, parasols et serviettes de plage se rendant à la baignade, ou en revenant. Même si le calme est à peu prêt respecté, le cimetière n'est absolument pas un lieu de recueillement malgré une fréquentation importante.
La présence de Rachid et le soleil à contre jour m'empêchent de faire des photos. Evidemment, celà fait bientôt 20 minutes qu'il est avec nous, nous nous voyons réclamer "quelques" euros... NPPT: Comment dit on "Ca ne m'interesse pas." ? Le tamazight[2] de Nady ne nous aide pas ici...

Depuis une terrasse de la casbah

Depuis une terrasse de la casbah, en croquant des cornes de gazelle...

Jardin Andalou

Les arbres du jardin Andalou apportent une fraîcheur appréciable.

Enfin seuls, nous voilà dans la casbah des Oudaïas. De là, nous dominons le fleuve qui sépare Rabat de Salé. Leurs plages grouillent de monde. Sur une sympathique terrasse, nous dégustons quelques patisseries à la fleur d'oranger et à la pâte d'amandes.
Petite pause au jardin Andalou. Il y fait plus frais. De nombreux couples et de jeunes viennent s'y reposer et papoter à l'ombre. Les gens nous regardent beaucoup, les touristes sont bien plus rares qu'à Marrakech.

En retournant vers la médina, nous découvrons les souks, très agréables : calmes, vastes et ombragés. Là encore quasiment pas de "toutous". Etant les seuls "proies", nous nous préparons à être harcelés par les vendeurs pour nous fourguer babouches climatisées et autres tajines berbères...

Souks de Rabat

Photo prise à la volée dans le souk. Je suis parvenu à shooter des touristes pourtant rares.

Fontaines en zellige

Fontaines en zellige comme on en voit souvent dans les souks marocains.

Notre parade, élaborée longuement lors de notre précédent séjour à Marrakech :
Ne rien regarder ouvertement, ne répondre à personne, même si celà semble extrèmement impoli, ne rien désigner à l'autre, même d'un vague hochement de tête et surtout, surtout, ne jamais s'arrêter de marcher. La moindre incartade à ces règles, et c'est parti pour d'interminables et inextricables palabres.
Pourtant, ici à Rabat, on nous laisse tranquille. Nous nous permettons même de toucher(!) une petite djelabah sans que personne ne nous saute dessus.La moins bonne maîtrise du français nous accorde plus de répit, mais surtout, ici touriste n'est pas synonyme de Columba livia. Quel plaisir de flâner entre les échopes sans être abordé à tout bout de champ.

Autre rue, autres souks

Autre rue, autres souks.

Au cours de nos déambulations, nous trouvons l'hôtel que Nady avait joint par téléphone. Il est super grand, face à l'océan, même s'il est encore loin. Nous sommes un peu déçus car, vu la taille de l'établissement, il reste certainement au moins une chambre, bien mieux que celle où nous dormirons ce soir. Mais nous aurons l'occasion d'en reparler[3]...
Avant d'aller manger quelques brochettes de dinde, nous regardons le soleil se coucher dans les nuages ainsi que des jeunes casse-cous qui se jettent d'une muraille dans l'eau, entre 2 caillous. Une chute d'une quinzaine de mètres, impressionnant.

Plongeons

Allez hop ! Cliquez sur la photo, cherchez le gamin à califourchon sur le mur en pierre et frissonnez en imaginant qu'il va se jeter dans l'eau de là haut.

La casbah des Oudaïas

La casbah des Oudaïas dans la lumière du soir. Notez les tombes qui commencent à s'aligner, faute de place dans le cimetière tout proche et pourtant gigantesque.

Une fois l'estomac rempli et la nuit tombée, nous faisons encore un tour dans les rues de la médina qui ont redoublé d'activité. Investies par les marchands ambulants, grouillantes de Rab'sis en quête de la bonne affaire. Enfin, il est temps d'aller se coucher, après avoir profité de l'astucieux combiné douche-toilettes turques.
Demain, direction Fes !

Notes

[1]L'hôtel Dohrmi, ça ne s'invente pas...

[2]Berbère parlé au Nord du Maroc, entre Nador et Al Hoceima.

[3]Quel suspens...

jeudi 17 août 2006

Voyage de noces (VDN): Etape 1

 

16 juillet : Le Boeing 737 se pose après 3 heures de vol. En ne se fiant qu'aux heures locales, nous n'avons passé qu'une heure dans l'avion. Il n'est donc que huit heures quand la chaleur et la lumière nous écrasent au sortir de l'appareil. Le ciel est plombé, métallique.

Au moment de trouver un taxi, le doute éventuel est totalement dissipé : Nous sommes bien à Marrakech, tout se négocie et fermement. Cependant, nos réflèxes sont encore affûtés et nous obtenons un taxi à un tarif raisonnable.

Les souvenirs de la médina de notre précédent séjour nous aident et nous trouvons facilement l'hôtel que Nady a repéré au préalable sur internet. Tout au long du trajet, nos valises nous cataloguant dans la catégorie des chercheurs d'hôtel, des rabatteurs tentent de nous aiguiller à droite ou à gauche...

Le riad de l'hôtel Essaouira

Le riad de l'hôtel Essaouira depuis la terrasse

Arrivés à destination, les chambres sont conformes à ce qu'on en attendait : petites mais propres, arrangées sur 3 niveaux autour d'un patio, la fameux riad marrakchi. Petite fontaine en bas, Zelliges[1] aux murs et plafonds peints. L'endroit est sympathique.
De la terrasse, je découvre les drapeaux arborés par un restaurant ou un bar de la place Jama El Fna toute proche. Surprise, le Gwen ha Du flotte fièrement, plus haut même que le drapeau marocain !

Les toits de la Médina

Un "gwen ha du" se cache sur la photo...

Une fois installés, nous allons (tenter de) chercher un peu de fraîcheur dans les souks où nous nous laissons perdre. Là nous redécouvrons les petites "boutiques" croulantes de babouches, théières, tajines, objets en cuir, en fer mais aussi les"pour le plizir di zyeu" et autre "pas cher, bon prix, viens la gazelle"... Pas de photos, parcequ'à peine sorti l'appareil de sa sacoche, on se fait racketer...

Après être allé acheter nos billets de train pour le lendemain, nous sommes de retour sur la place Jama El Fna. L'orage gronde et la chaleur est de plus en plus étouffante,à tel point que nous cèdons à l'appel d'un bar annonçant la clim. La moiteur ambiante et le lever très matinal nous motivent pour retourner à l'hôtel pour une sieste... malheureusement écourtée par un groupe de jeunes touristes de l'hôtel aussi bruyants que beaufs, dommage...

Un moineau marocain

Madame moineau se fait le bec sur une plante grasse

Nous montons sur la terrasse en attendant le soir pour aller déguster une harira[2] "chez Toubkal". C'est à ce moment que l'orage décide d'éclater ! Nous ne pensions pas voir une telle pluie à Marrakech en juillet...

PS: Le principe de cette note est honteusement repompé inspiré par ce post de la charmante Leeloolene. Il y aura donc d'autres épisodes à suivre...

Notes

[1]Mosaïque aux motifs caractéristiques de la décoration des maisons et bâtiments marocains.

[2]Soupe marocaine

mardi 8 août 2006

Bande Annonce...

 

Bientôt ici, le récit de nos aventures marocaines. Et eventuellement même, des photos, si ça vous botte et qu'on en a certaines de présentable...
Au menu de notre virée : Marrakech -> Rabat -> Saïdia -> Al Hoceima -> Chefchaouen -> Asilah -> Rabat -> Marrakech.
Stay tuned !